Bourgoin Jallieu : DEBAT D’ORIENTATION BUDGETAIRE

CONSEIL MUNICIPAL DU LUNDI  18 FEVRIER 2013

CONTEXTE NATIONAL

Il est irresponsable de ne pas regarder la réalité.

Pour 2013 et sa loi de Finance, le gouvernement s’est basé sur une prévision de croissance de 0, 8 %, alors que tous les experts s’accordaient sur une perspective au mieux de la moitié.

Tout cela pour équilibrer  en présentation le budget du pays. Aujourd’hui les constatations sont encore plus dures, mais le gouvernement de Jean-Marc AYRAULT s’enferme dans ses mensonges et erreurs graves pour la France.

La croissance, si il y en a une, sera proche de 0 en 2013.

800 à 1 000 chômeurs de plus par jour, au-delà du drame humain que cela représente pour les familles concernées, cette situation prive le financement collectif des recettes de leurs cotisations et en alourdit, dans le cadre solidaire de notre modèle social, les prélèvements et les dépenses.

Là encore, l’objectif de baisse des déficits publics à 3 % du PIB pour 2013 est une illusion coupable du gouvernement.

Nous ne sommes pas au cœur d’une crise passagère mais dans un changement de monde que nos dirigeants actuels  et passés n’ont pas su, pas voulu anticiper.

Seule, une prise de conscience réelle et objective de cette situation accompagnée d’une rupture dans les mauvaises habitudes des collectivités à dépenser l’argent qu’elles n’ont pas, permettra d’éviter le précipice financier, économique et social.

A retarder cette démarche responsable, on poursuivra l’aggravation des déficits et des financements de nos structures sociales, en même temps qu’une pression fiscale disproportionnée sur le travail, les ménages et les entreprises continuent à entraver notre compétitivité, nous faisant perdre tous les jours des marchés et les emplois qui vont avec.

Je remarque et note qu’au moment où le gouvernement baisse les dotations aux collectivités de 4, 5 milliards d’Euros sur 5 ans, que vous ne parlez plus de désengagement de l’Etat, alors même qu’en local, il impose aux collectivités de nouvelles compétences dans le cadre des rythmes scolaires, et l’organisation du temps périscolaire, sans en apporter les moyens, ou très peu pour ceux qui s’engageront dès 2013.

La sémantique ne manque pas de ressources, elle, pour souligner ou masquer le même évènement, selon les circonstances choisies.

Je constate, qu’à ce niveau du rapport, c’est-à-dire à plus de la moitié, vous n’avez pas évoqué une quelconque nécessité d’économies dans les dépenses publiques.

Par contre, vous soulignez, comme « bonne nouvelle : l’accroissement des volumes d’emprunts disponibles et l’allègement des règles prudentielles ».

Nous voyons bien où se trouvent vos priorités !

CONTEXTE LOCAL

En ce qui concerne le contexte de notre prochain Budget Primitif 2013 :

Nous notons des contradictions fortes entre

       les intentions que vous tentez d’afficher et

       les engagements pris, les promesses faites.

Les dépenses de fonctionnement continuent à augmenter.

Je mets à part les charges de personnel dans lesquelles il convient de distinguer les choix politiques, service par service et les négociations avec les partenaires sociaux. Sur ce dernier point, je remercie Madame MAS qui, en compagnie de Monsieur MARQUES, a répondu aux questions légitimes que notre groupe d’opposition se posait suite aux interpellations des représentants du personnel.

J’ai perçu de  sa part une volonté de transparence sur le déroulement,  l’éclairage et les réponses dans ces négociations.

Bien évidemment, nous restons à l’écoute des partenaires, conscients des difficultés actuelles à trouver un équilibre entre maintien du pouvoir d’achat et maîtrise budgétaire.

Par contre, nous ne pouvons que nous élever contre des décisions comme celles concernant le Théâtre Jean Vilar pour lequel, à ce jour, des dépenses conséquentes ont été engagées pour sa reconstruction.

Je rappelle les décisions financières de Monsieur le Maire données pour information au début de ce Conseil, engageant des centaines de milliers d’Euros à fonds perdus en comparaison des limites fixées lors des négociations salariales dans lesquelles il demeurait en écart quelques dizaines de milliers d’Euros (tickets restaurant) entre demandes qui ont été refusées et réponses.

En ce qui concerne les recettes, les impôts des Berjalliens sont encore à la hausse, déjà par la revalorisation des bases fiscales ( +1, 8%).

A cela, il convient d’ajouter ceux de CAPI , qui sont et seront également en hausse.

Que ce soient les impôts de Bourgoin-Jallieu ou ceux de la CAPI, c’est toujours la même poche des contribuables berjalliens qui est mise à contribution, réduisant toujours davantage le pouvoir d’achat, les capacités de consommation, d’investissements des familles et des entreprises.

En ce qui concerne les investissements, la liste qui nous est mentionnée oublie d’indiquer…… les sommes engagées (sous réserve même qu’elles soient respectées) et leur financements.

L’ANRU :d’ailleurs, à ce jour, plus de promesses, d’études que de réalisations.

L’Aménagement du CENTRE VILLE  dont la lenteur d’exécution constitue une pénalisation grave, durable pour les commerçants, leurs employés, les clients et l’attractivité de notre centre ville.

Le nouveau groupe scolaire dont la priorité géographique par rapport aux besoins du nouveau quartier de La Grive amène toutes nos réserves. A cela s’ajoute la dérive financière de cet investissement entre les 5 millions du départ et un atterrissage qui sera bien supérieur.

L’aménagement des anciennes écuries de l’Hôtel de Ville.

Les extensions des groupes scolaires et les travaux de construction d’un restaurant scolaire.

Le Théâtre Jean Vilar : Quid de sa reconstruction ?

Autant d’investissements qui ont été choisis par l’actuelle majorité mais avec quels financements ? Quel impact sur l’endettement de notre ville à 2, 3 ou 5 ans ?

Aucune communication prospective ne nous est faite.

Bien évidemment, il n’est nul besoin d’être initié pour savoir que tout ceci n’est pas possible en même temps.

C’est pour cela que vous pousser le tas de sable de l’endettement sur le prochain mandat pensant faire croire, à ce jour,  aux Berjalliens que l’endettement baisserait. Or, dès 2015, dans ce contexte, les finances de la commune auront perdu toutes marges de manœuvre et l’on reverra, très probablement, la Chambre Régionale des Comptes venir menacer  de mise sous tutelle notre collectivité.

Il n’est pas responsable de laisser  croire dans le discours à un désendettement, alors même que vos actes et décisions préparent pour 2015 une situation de surendettement, d’asphyxie financière, et par voie de conséquence, la perte d’autonomie budgétaire pour notre ville.

Gérer, c’est :

Anticiper ;

Faire des choix à la mesure de nos finances présentes et à venir, (dans le cadre d’une réduction budgétaire durable de nos partenaires : Etat, Régions, Départements) ;

Ne pas hypothéquer l’avenir  et laisser la capacité aux équipes futures de répondre aux besoins essentiels des habitants ;

Il vous reste un mois, Monsieur le Maire, pour renoncer dans votre Budget Primitif à la dérive financière dans laquelle, vous et votre équipe entrainez notre ville.

 Jean-Pierre GIRARD

pour le groupe d’opposition

 

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